![]() LE MOT DU PRÉSIDENT
« L'apothéose mondiale du trot »
Dominique de Bellaigue, le président du Cheval Français, société organisatrice du 87e Prix d'Amérique Marionnaud, n'a pas de mots assez forts pour décrire la plus grande course du calendrier hippique. Il revient également sur les négociations entre Bruxelles et Paris sur l'ouverture du marché des paris et livre quelques réflexions sur le développement de l'élevage du Trotteur français.
En quoi le Prix d'Amérique Marionnaud se distingue-t-il des autres grandes épreuves de trot ?
Le Prix d'Amérique Marionnaud est l'apothéose d'une année et d'un programme. Une année hippique débute avec le Prix d'Amérique et s'achève avec le suivant. C'est l'apothéose du trot mondial, dans le sens où il s'agit de l'épreuve la mieux dotée grâce aux subsides provenant des mises des parieurs. Pour eux et le grand public justement, ce jour particulier est une grande fête organisée autour d'une course qui reste la plus belle, la plus prestigieuse et la plus importante de notre calendrier. La notoriété appelant la notoriété, le dernier dimanche de janvier est aussi un rendez-vous incontournable pour les femmes et les hommes qui font le trot.
Le Prix d'Amérique Marionnaud est doté d'un million d'euros. Cette allocation est-elle appelée à augmenter ?
Dans un programme comme le nôtre, tout est affaire d'équilibre. Le Prix d'Amérique Marionnaud est en haut de l'échelle, ce qui suppose qu'il y ait beaucoup de barreaux aux niveaux inférieurs. Alors que les allocations offertes augmenteront de 5% en 2008, la dotation du Prix d'Amérique reste inchangée. Pourquoi ? Simplement parce que la dotation de cette grande épreuve augmente de manière spectaculaire une année, puis reste stable les saisons suivantes. Il est vrai qu'un relèvement significatif de cette dotation est prévu prochainement, cela afin de conserver cet équilibre qui est le socle de notre programme.
Aujourd'hui, le Trotteur français est une race qui s'exporte, cela à votre initiative. Pourtant, ce combat n'était pas gagné d'avance…
Il y a quelques années, nous étions confrontés au fait que le trotteur américain était parti à la conquête du monde, via la Suède, qui en importa énormément, puis la Finlande et la Russie. On disait alors que l'on ne pouvait pas inverser ce déferlement. Pas moi, qui estimais que si le Trotteur français avait été la grande race du XIXe et XXe siècle, il n'existait pas de raisons pour qu'elle ne s'impose pas au XXIe… Nous avions des moyens de lutte, comme le fait que l'Europe autorisât des courses réservées à des races reconnues et définies. De même, avons-nous conservé un stud-book (livre généalogique des chevaux, NDLR) fermé. Parallèlement, nous avons signé des partenariats avec certaines nations (treize à ce jour), où l'on élève du Trotteur français, où les produits sont inscrits dans notre stud-book, où certaines courses leur sont réservées. En 2007, un circuit européen de courses pour Trotteurs français classées Groupe II a même vu le jour. Désormais, les pays qui importaient beaucoup de sang américain font appel à nos chevaux, car ils sont confrontés à un phénomène de consanguinité trop importante. A l'heure où Bruxelles envisage d'ouvrir notre marché des jeux à des opérateurs étrangers, quelle est votre position ?
La Commission européenne nous demande de revenir en arrière par rapport à la loi de 1891, où le système des paris à cote fixe était prohibé du fait de troubles à l'ordre public, il ne faut pas l'oublier. Elle considère également que le jeu est un marché de services, quand ce secteur est chez nous différent de ce qui existe ailleurs.Nous espérons donc qu'il existera demain en France une protection des parieurs identique à celle d'aujourd'hui, une transparence et un respect de la règle, érigée en 1891, du pari mutuel. Car quand un bookmaker, qui connaît les chevaux dont il est parfois lui-même propriétaire, offre une cote fixe, il s'adresse justement à une personne qui n'a pas cette connaissance. Dans ce cas, on est bien au-delà du délit d'initié. Nous sommes donc inquiets. |