L’une des plus célèbres journalistes hippiques, Pierrette Brès reste passionnée et va suivre de près le Prix d’Amérique Opodo Finale Epiqe Series.

Que représente pour vous le Prix d’Amérique Opodo ?

C’est la plus grande course au trot du monde, tous les Prix d’Amérique m’ont bluffée. Tous les chevaux que j’ai vu gagner m’ont impressionnée. C’est fantastique de voir des champions s’affronter pour le titre suprême. Je vibre chaque année devant la course. Même si je ne fais plus de pronostics et même si j’ai tourné la page par rapport à mon métier de journaliste hippique, je continue à me passionner pour les grandes épreuves.

Quel a été votre plus beau Prix d’Amérique ? 

J’ai du mal à détacher une édition en particulier. Celui qui me vient à l’esprit est celui remporté par Sea Cove en 1994. La veille de la course, j’avais interviewé Jos Verbeeck, son driver. Je lui avais demandé comment il allait mener son partenaire qui ne figurait pas parmi les grands favoris. Il m’avait répondu : « Je ne te le dis pas, sinon je vais perdre ! ». Le lendemain, Jos avait pris un départ volant pour prendre rapidement 200 mètres d’avance sur le peloton. Ses adversaires l’ont laissé faire, pensant que le tandem n’allait jamais aller jusqu’au bout. Mauvaise idée car Sea Cove a résisté à ses poursuivants pour gagner d’une manière fantastique ! Un tel sang-froid et une telle confiance de la part de Jos Verbeeck m’ont épatée.

Quelles anecdotes vous reviennent en évoquant le Prix d’Amérique ?

Je me souviens du tout premier que j’ai suivi. C’était en 1963, année où Ozo avait  triomphé. Je lui avais rendu visite dans son box. Elle était magnifique, imposante mais aussi fantasque. Roger Massue, son entraîneur-driver, lui mettait de la musique pour la calmer. Elle côtoyait également des poules afin de ne pas s’ennuyer. J’ai eu également la chance de sortir Ourasi à la promenade, chez lui à Moissy-Cramoyel. Je me suis installée à son sulky pour l’emmener sur un chemin de campagne. Il était très nonchalant, s’arrêtant toutes les trois battues pour manger de l’herbe ! Cette décontraction à l’entraînement lui permettait d’être phénoménal en compétition. J’ai aussi de superbes souvenirs d’Idéal du Gazeau, un tout petit cheval, mais grand par le talent.

Comment envisagez-vous le Prix d’Amérique Opodo 2017 ?

Mon favori sera évidemment le champion Bold Eagle. La longueur et l’amplitude de ses battues sont incroyables. Ses victoires dans les deux épreuves préparatoires m’ont beaucoup plu. A mon avis, il n’a pas tout donné et va encore faire des étincelles. J’aime aussi Anna Mix et Call Me Keeper.

Photo : Scoopdyga