Belina Josselyn l’Américaine, la « princesse » comme la surnomme Jean-Michel Bazire

Dans notre série autour du Grand Prix d’Amérique, nous allons voir ce qui lie les prétendants à la course la plus prisée du calendrier via leur pedigree. Qui sont les aïeux des champions d’aujourd’hui ayant eux-même marqué l’histoire du Grand Prix d’Amérique. Dernier opus avec Belina Josselyn.

Quand il s’agit de trouver comment Belina Josselyn est rattachée au Grand Prix d’Amérique, c’est forcément la présence dans son pedigree de Coktail Jet qui saute aux yeux. Il a été l’un des étalons les plus importants des vingt dernières années avec Ready Cash et avait comme lui remporté la plus prestigieuse course au monde : c’était en 1996 et le représentant du Jean-Etienne Dubois n’avait alors que 6 ans. Cet étalon-phare est mort il y a un eu plus d’un mois et un succès de Belina Josselyn viendrait forcément rendre un bel hommage à ce cheval de légende. Vainqueur des deux plus grandes courses européennes, le Prix d’Amérique et l’Elitloppet, de surcroît la même année et à 6 ans, Coktail Jet était à la tête d’un palmarès sportif exceptionnel auquel il faut ajouter un Critérium des 5 Ans, un Prix de l’Atlantique, un Prix de l’Étoile, un Prix René Ballière et un Grand Premio d’Europa. Une première carrière de toute beauté.

Mais le dépositaire de la marque « Jean-Etienne Dubois » (d’où le JET) n’allait pas s’arrêter en si bon chemin. Au contraire même. Sa seconde partie de vie dédiée à la reproduction fut tout aussi remarquable, voire encore plus. Devenu étalon, il est sacré tête de liste des étalons français dès 2002. Le premier de ses six titres de numéro 1 (2003, 2004, 2007, 2010, 2011) ! Parmi ses produits, on retrouve ainsi de nombreux vainqueurs de Groupe I aussi bien à l’attelé qu’au monté. Quatre d’entre eux sont millionnaires en gains en France : Love YouThe Best MadrikKerido du Donjon et Magnificent Rodney. Ce dernier a remporté le Prix de Cornulier tout comme Quif de Villeneuve, un autre de ses produits. La réputation de Coktail Jet a largement dépassé nos frontières et en Suède, on doit signaler les très belles carrières réalisées par notamment Naglo (double vainqueur de Prix de France et Grand Prix de l’UET mais aussi 4ème du Prix d’Amérique 2004) et Yarrah Boko (double vainqueur de Prix de Belgique et 2ème de l’Olympiatravet).

Ce qu’il faut aussi souligner, c’est le fait que parmi sa progéniture mâle, nombre d’entre eux sont devenus à leur tour des reproducteurs recherchés à l’instar de Love You qui n’est autre que le père de Royal DreamQualita BourbonQuaker Jet ou encore de la très actuelle Belina Josselyn.

Très actuelle et prétendante au trône ce dimanche ! Mais Belina Josselyn présente aussi dans son pedigree la particularité de posséder de nombreuses branches très américaines : en terme de lieu géographique plutôt que de Prix d’Amérique. Son « père de mère », c’est ainsi qu’on appelle le grand-père maternel dans un pedigree, très influent dans les choix des éleveurs pour leur croisement, est en effet l’Américain Workaholic, étalon importé des États-Unis à la fin des années 1980 par les Haras Nationaux et devenu très rapidement tête de liste. De nombreux éleveurs croyaient alors en le bienfait de l’apport des gênes américains dans leurs lignées maternelles françaises. Parmi eux Yvan Bernard qui est à l’origine des « Josselyn » dont l’élevage est aujourd’hui animé par son fils Pascal. Quezira, formidable matrone, fut ainsi croiser à plusieurs étalons américains et sa production fut exceptionnelle (voir le tableau d’honneur en cliquant ici). Parmi elle, Lezira Josselyn qui est donc la mère de Bélina. Mariée à Love You, fils donc de Coktail Jet, la volonté de poursuivre dans cette voie du croisement franco-américain est très forte et on retrouve ainsi dans le pedigree de la Française très américaine Belina Josselyn la présence de sires considérés comme les plus marquants (appelés chefs de race) des dernières décennies de l’autre côté de l’Atlantique : Star’s PrideSharif di Iesolo et Speedy Crown.

À Belina Josselyn à présent d’écrire dimanche 27 janvier sa propre histoire dans la grande Histoire du Prix d’Amérique.